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Présentation de l'éditeur

Lorraine, hiver 1918-1919. Dans un village en ruines à quelques kilomètres du front, une communauté de rescapés s’organise pour que la vie continue.
Louise, seize ans, est recueillie au 1, rue des Petits-Pas par une sage-femme qui va lui transmettre son savoir : accoucher, bien sûr, mais aussi lire et écrire, soigner les maux courants et, enfin, être l’oreille attentive de toutes les confidences. Mais dans ce village ravagé par la guerre et isolé du monde, les légendes nourrissent les peurs, et la haine tient les hommes debout. Ces peurs et cette haine, Louise va devoir les affronter car elle exerce son art dans l’illégalité, élève un enfant qui n’est pas le sien, aime un être qu’elle n’a pas le droit d’aimer, et tente de se reconstruire dans cet univers où horreur et malveillance rivalisent avec solidarité et espoir.

L'avis d'Audrey

14/18, la première Grande guerre que connait l'Europe et le reste du monde.
Nous avons tous appris durant nos années d'école ce qu'était la vie sur le front, de ces centaines de milliers d'hommes morts au combat, mais concernant les femmes ? Que sait-on de leur vie a l'arrière du front ? Nathalie Hug répond a cette question avec "1, rue des petits-pas"

Août 1916, dans un village de Lorraine, la jeune Louise, 16 ans, orpheline, est confiée aux mains expertes d'Anne, après qu'elle ait été trouvée par des soldats après avoir été sauvagement violée.
Anne, œuvre aux côtés de sa fille, Vida en tant que matrone et ensemble elles s'occupent des accouchements et de tous les problèmes féminins.
Devant leurs mains expertes, des centaines de femmes, victimes de la guerre défilent, prostituées, atteintes de maladies, des femmes enceintes de soldats, des jeunes filles violées.
La jeune Louise, une fois remise sur pied devient l’apprentie d'Anne et de Vida, qui, petit a petit, vont la faire sortir de son illettrisme et lui apprendre le métier de matrone et tout ce que ça implique.

La guerre se termine et les trois femmes emménagent au 1 rue des petits pas, où elles ouvrent un dispensaire dans un village de réfugiés situé en zone interdite et qui n'a pas d'existence officielle.
Entre les américains qui occupent la zone, les hommes qui reviennent petit à petit, le village à reconstruire, et les femmes victimes collatérales de la guerre, toute une nouvelle vie s'organise et renaît.

Ce livre ne blâme pas, ni même n'accuse, ce livre parle seulement de la condition féminine et des débuts du métier de sage-femme ainsi que d'un univers cru et violent.
La reconstruction du village et de ses habitants ne se fait pas sans heurts : on assiste à de grands moments de fraternité, mais aussi à des scènes de jalousie et de folie. L'entraide côtoie les plus viles mesquineries et malgré l' utilité de sa fonction, on ne tarde pas à reprocher à Louise sa jeunesse et son absence de diplôme, ajoutez à cela le fait d'élever un enfant qui n'est pas le sien et ses amours interdites.

J'ai beaucoup aimé le portrait émouvant de ces matrones tiraillées entre leur métier, la loi et la religion, qui servent de lien entre les femmes de tous milieux, qu'elles soient baronnes ou catins. Par contre, la multitude de personnages qui s'activent dans ce village, qui copulent à droite et à gauche (c'est la vie qui reprend ses droits) a apporté un peu de lourdeur au récit. Si on y ajoute la généalogie compliquée de Vida, dont l'histoire des ancêtres est liée à une légende, et sur laquelle l'auteure s'étend beaucoup, vous comprendrez que ce roman ne supporte pas le moindre relâchement dans l'attention du lecteur. Cette lecture difficile mais terriblement humaine mérite un 14/20.